Mon expo soleil

Mesurer l'ensoleillement de son jardin, zone par zone et saison par saison

Un jardin n'a pas un ensoleillement, il en a plusieurs : chaque coin a ses heures de soleil, et elles changent du tout au tout entre juin et décembre. Trois façons de les connaître, de la plus simple à la plus précise.

Mis à jour le 26 octobre 2026 · 4 min de lecture

Un jardin, plusieurs ensoleillements

À Paris, une maison de 6 m de haut projette à midi une ombre de 2,9 m le 21 juin, et de 18,8 m le 21 décembre. Un jardin de 15 m de profondeur, situé au nord de cette maison, est donc presque entièrement au soleil à midi l'été, et entièrement à l'ombre à midi l'hiver. Dire qu'un jardin est « ensoleillé » ne veut rien dire tant qu'on ne précise pas l'endroit et la saison.

Les jardiniers raisonnent avec trois repères, approximatifs mais utiles. Plein soleil : six heures de soleil direct ou plus par jour en été. Mi-ombre : de trois à six heures. Ombre : moins de trois heures. Mesurer l'ensoleillement d'un jardin, c'est dessiner ces trois zones sur un plan, puis recommencer pour l'hiver.

Observer : le relevé à heures fixes

La méthode la plus sûre ne coûte rien. Choisissez un jour sans nuages, faites un plan sommaire du jardin, et notez ou photographiez depuis la même fenêtre les zones au soleil à 9 h, 12 h, 15 h et 18 h. En fin de journée, vous savez quels coins ont eu quatre passages au soleil, lesquels n'en ont eu aucun.

Elle a deux défauts. Il faut du beau temps au bon moment. Surtout, elle ne vaut que pour la date du relevé : un plan fait en juillet ne dit rien du jardin en février. Refaites-le au moins une fois en hiver, quand l'écart avec l'été est le plus grand.

Les applications : la course du soleil, pas les ombres

Les applications de course du soleil répondent à une autre question : où passe le soleil, à quelle heure, à telle date. SunCalc, sur ordinateur, trace sur une carte la trajectoire du soleil pour le jour choisi, avec un curseur pour l'heure, et calcule la longueur d'ombre d'un objet dont vous donnez la hauteur. Sun Seeker, sur téléphone, superpose à l'image de la caméra la trajectoire du jour choisi, et peut afficher celles des solstices et des équinoxes.

C'est là qu'elles servent au jardin. Debout au milieu de la pelouse, la caméra levée vers le sud, vous voyez si la trajectoire de décembre passe au-dessus ou derrière le toit du voisin. Ce que l'application ne fait pas, c'est compter les heures : elle montre le soleil, à vous de repérer ce qui le cache. Notre guide sur les simulateurs d'ensoleillement détaille ce que chaque outil voit et ne voit pas.

Les arbres restent le point faible de tous ces outils. Ils sont la première cause d'ombre dans un jardin, et leur hauteur ou leur feuillage ne se devinent pas sur une carte.

Calculer : hauteur de l'obstacle et hauteur du soleil

Une ombre se calcule avec deux chiffres : la hauteur de l'obstacle et la hauteur du soleil. À midi solaire, le moment où l'ombre est la plus courte, cela donne à Paris :

Obstacle 21 juin 21 mars 21 décembre
Haie de 2 m 1,0 m 2,3 m 6,3 m
Maison de 6 m 2,9 m 6,8 m 18,8 m
Arbre de 15 m 7,2 m 16,9 m 46,9 m

Le 21 décembre, le soleil de Paris ne monte qu'à 17,7° : chaque mètre d'obstacle fait 3,13 m d'ombre au meilleur moment de la journée, et bien plus le matin et l'après-midi. À Marseille, où il monte à 23,3°, c'est 2,33 m par mètre ; à Lille, 3,5 m. Le détail de la formule est dans notre guide sur la longueur des ombres.

Ce calcul suppose un sol plat et un obstacle plein au sud du point étudié. Il dit si un coin du jardin a une chance de voir le soleil à midi ; il ne dit pas combien d'heures il en reçoit dans la journée, parce que le soleil tourne et rencontre d'autres obstacles à l'est et à l'ouest.

Ce qui change en hiver

Trois choses. Le soleil est plus bas, donc les ombres s'allongent. Il reste dans le sud : à Paris, le 21 décembre, il se lève au sud-est, à 126°, et se couche au sud-ouest, à 234°, de sorte que tout ce qui borde le jardin de ce côté compte. Et le jour est court : 8 h 16 de lever à coucher à Paris, contre 16 h 10 le 21 juin.

L'été, c'est l'inverse : le soleil se lève au nord-est et se couche au nord-ouest. Un mur nord reçoit alors le soleil du matin et du soir, 6 h 26 au total le 21 juin à Paris, et rien du 21 septembre au 21 mars. Un coin de jardin au pied de ce mur suit la même logique.

Les arbres changent aussi. Un feuillu laisse passer une bonne partie du soleil d'hiver entre ses branches nues ; une haie de thuyas ou de lauriers garde son ombre toute l'année. C'est pour cela qu'un calcul sérieux distingue une scène avec végétation et une scène sans feuillage.

Ce que demandent les usages

La plupart des légumes-fruits, tomates, courgettes, poivrons, demandent six heures de soleil direct ou plus en été ; les salades se contentent de moins. Une pelouse dense supporte mal l'ombre continue d'un grand arbre. Une terrasse sert surtout aux heures où vous y êtes. Nos guides sur l'orientation du potager et le gazon à l'ombre donnent les repères pour chaque usage.

Pour un jardin que vous ne connaissez pas encore

Quand on achète, on n'a ni un an pour observer, ni l'accès au jardin en décembre. Pour une adresse précise, seul un calcul des ombres avec ce qui l'entoure donne les heures de soleil de chaque zone aux quatre saisons. Le rapport Mon expo soleil le fait sur le relevé LiDAR de l'IGN, qui mesure au demi-mètre la hauteur des bâtiments, des arbres et du relief, avec et sans feuillage.

Rapport d'exposition solaire · 39 €

Les heures de soleil réelles d'une adresse précise

Jardin et façades, 21 mars, 21 juin, 21 septembre et 21 décembre, heure par heure, avec les bâtiments, les arbres et le relief relevés par le LiDAR de l'IGN, puis ce que le ciel du lieu en fera. Huit pages, par e-mail, en quelques minutes.

À lire aussi

Vérifier le soleil d'une adresse →